Analyse fondamentale

BPA (bénéfice par action) : définition, calcul et exemples

Le bénéfice par action (BPA, ou EPS en anglais) est le bénéfice net d'une entreprise divisé par son nombre d'actions : la part du bénéfice de chaque action.

Qu'est-ce que le BPA ?

Le bénéfice par action est le bénéfice d'une entreprise sur une période, réparti entre ses actions. C'est le « E » du PER et le chiffre le plus scruté les jours de résultats : les sociétés le publient chaque trimestre ou semestre, les analystes l'anticipent et les cours bondissent ou plongent souvent selon qu'il dépasse ou déçoit ces prévisions.

Exprimé par action, le BPA permet de suivre la rentabilité d'une entreprise dans le temps du point de vue de l'actionnaire. Mais un chiffre comme 2,50 € dit peu de chose seul : il faut le comparer au cours, aux années précédentes et aux attentes.

Comment se calcule le BPA

Le bénéfice revenant aux actionnaires ordinaires, divisé par le nombre moyen d'actions sur la période :

BPA de base = (bénéfice net − dividendes prioritaires) ÷ nb moyen pondéré d'actions
BPA dilué   = même bénéfice ÷ (actions + actions potentielles)
BPA TTM     = somme des BPA des quatre derniers trimestres

Le BPA dilué ajoute les actions qui seraient créées si les stock-options, bons de souscription ou obligations convertibles étaient exercés : il n'est donc jamais supérieur au BPA de base. Nos fiches d'actions utilisent le BPA des douze derniers mois (TTM) pour le PER historique ; le BPA prévisionnel affiché à côté est le consensus des analystes.

Un exemple chiffré — et l'effet des rachats d'actions

Une entreprise dégage un bénéfice net de 500 millions d'euros, ne verse pas de dividendes prioritaires et compte en moyenne 250 millions d'actions : BPA = 500 ÷ 250 = 2,00 €. Supposons que l'an suivant, le bénéfice soit inchangé mais que la société ait racheté 10 % de ses actions, ramenées à 225 millions. Le BPA passe à 500 ÷ 225 ≈ 2,22 € : +11 % sans que l'entreprise gagne un centime de plus.

C'est pourquoi les investisseurs regardent d'où vient la croissance du BPA : la hausse des ventes et des marges est une croissance de meilleure qualité que l'ingénierie financière. Comparer la progression du BPA à celle du chiffre d'affaires et du flux de trésorerie disponible permet une vérification rapide.

Limites et erreurs fréquentes

Le BPA est une donnée comptable. Des éléments exceptionnels — cessions, dépréciations, litiges — peuvent le faire varier fortement ; d'où la publication fréquente d'un BPA « ajusté », dont les retraitements sont choisis par la direction et méritent d'être examinés.

Les variations du nombre d'actions faussent les comparaisons : après une division du nominal par deux, le BPA est divisé par deux sans que rien n'ait changé dans l'activité, d'où l'importance d'utiliser des historiques retraités. Enfin, le BPA ne dit pas combien de capitaux ont été nécessaires pour obtenir ce bénéfice : la rentabilité des capitaux propres (ROE) comble ce manque.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un bon BPA ?

Il n'existe pas de bon niveau absolu, car le BPA dépend du nombre d'actions de l'entreprise. Ce qui compte, c'est la tendance — un BPA en hausse régulière — et sa comparaison avec le cours (PER) et avec les attentes des analystes.

Quelle différence entre BPA de base et BPA dilué ?

Le BPA de base divise le bénéfice par les actions en circulation. Le BPA dilué inclut en plus les actions qui pourraient être émises via des options, des bons de souscription ou de la dette convertible, ce qui donne un chiffre plus prudent.

Pourquoi une action peut-elle baisser alors que le BPA progresse ?

Parce que les cours reflètent les attentes. Si le BPA progresse de 10 % alors que le marché attendait 20 %, l'action peut baisser ; s'il recule moins que prévu, elle peut monter. Les perspectives annoncées pour les périodes suivantes pèsent souvent plus que le chiffre lui-même.

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