Risque et portefeuille

Bêta d'une action : définition, calcul et interprétation

Le bêta mesure à quel point une action suit les mouvements du marché : 1 évolue au même rythme, au-dessus de 1 amplifie les variations, en dessous les amortit.

Ce que mesure le bêta

Le bêta décrit la sensibilité passée d'un actif aux mouvements du marché dans son ensemble. Le marché lui-même a un bêta de 1 exactement. Une action de bêta 1,3 a eu tendance à monter d'environ 30 % de plus que le marché les jours de hausse et à baisser d'environ 30 % de plus les jours de baisse ; une action de bêta 0,6 n'a bougé qu'à hauteur d'environ 60 % du marché.

Le bêta est au cœur du modèle d'évaluation des actifs financiers (MEDAF, ou CAPM), qui relie la rentabilité attendue d'un actif à son risque de marché : rentabilité attendue = taux sans risque + β × (rentabilité du marché − taux sans risque). En pratique, il sert surtout à jauger rapidement le caractère « offensif » ou « défensif » d'une position.

Comment se calcule le bêta

Le bêta est issu d'une régression des rendements de l'actif sur ceux du marché, sur les mêmes périodes :

β = Cov(Ra, Rm) ÷ Var(Rm)
β = ρ × σa ÷ σm

Ici, ρ est la corrélation entre les deux séries de rendements et σ leurs volatilités. La seconde écriture montre que le bêta combine deux choses : à quel point l'actif suit le marché (corrélation) et l'ampleur de ses variations (volatilité relative). Le bêta à cinq ans affiché sur nos fiches provient du fournisseur de données ; l'indice de référence habituel pour les actions américaines est le S&P 500.

Un exemple chiffré

Supposons qu'une action ait une corrélation de 0,8 avec le marché et une volatilité annuelle de 30 %, contre 16 % pour le marché. Son bêta vaut 0,8 × 30 ÷ 16 = 1,5. Si le marché recule de 10 %, l'historique suggère que l'action baissera en moyenne d'environ 15 % — et montera d'environ 15 % si le marché gagne 10 %.

Les investisseurs s'en servent pour piloter un portefeuille : ajouter des actions à bêta élevé, comme les valeurs technologiques en forte croissance, le rend plus sensible au marché ; services aux collectivités, biens de consommation de base et certaines valeurs de santé ont historiquement affiché des bêtas inférieurs à 1. Le bêta d'un portefeuille est simplement la moyenne pondérée des bêtas de ses lignes.

Limites et erreurs fréquentes

Le bêta regarde dans le rétroviseur et il est instable : il varie selon la période mesurée, la fréquence des données (rendements quotidiens ou mensuels) et l'indice choisi. Une entreprise qui change de métier peut avoir un bêta très différent à l'avenir.

Surtout, le bêta ne mesure que le risque lié au marché. Une minière aurifère ou une biotech peut avoir un bêta faible parce qu'elle évolue indépendamment de l'indice — et rester extrêmement volatile. Regardez la volatilité, la perte maximale et la part des mouvements réellement expliquée par le marché (R²) avant de qualifier de « sûre » une action à faible bêta.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un bon bêta ?

Il n'y a pas de bon ou de mauvais bêta, seulement un bêta adapté à vos objectifs. Les investisseurs prudents privilégient souvent des bêtas inférieurs à 1 ; ceux qui recherchent davantage d'exposition au marché acceptent des bêtas supérieurs à 1 et les variations plus fortes qui vont avec.

Que signifie un bêta négatif ?

Que l'actif a eu tendance à évoluer à l'inverse du marché. Les bêtas réellement négatifs sont rares parmi les actions ; certains instruments de couverture et, à certaines périodes, l'or ou les emprunts d'État ont affiché des bêtas faibles ou négatifs face aux actions.

Le bêta est-il la même chose que la volatilité ?

Non. La volatilité mesure l'ampleur des fluctuations du prix d'un actif ; le bêta, la part de ces mouvements liée au marché. Une action peut être très volatile et avoir pourtant un bêta faible si ses mouvements sont sans rapport avec l'indice.

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